18 novembre 2009

L'affaire M. - page 3

Le commissaire Mulligan, dont la bonne éducation ne faisait aucun doute, s’était levé et avait raccompagné ses visiteurs jusqu’à la porte de son bureau. Il les avait suivi du regard jusqu’à l’ascenseur. Juste avant que les portes ne s’ouvrent, Janet se retourna et vit le commissaire sur le pas de la porte du vestibule. Ils échangèrent un sourire. Mulligan ne put alors s’empêcher de dire :

-          Courage, Madame !

Cette dernière, phrase déclencha une nouvelle effusion de larmes de la part de Janet.

A peine, avaient-ils été happés par la cage de l’ascenseur que Mulligan tournait les talons et fonçait dans son bureau en attrapant le téléphone.

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Les Mac Adam étaient la famille la plus ancienne et la plus riche du comté. Tout avait commencé avec Bill Mac Adam, le grand-père de Bob. Alors que la ville n’était encore qu’un petit bourg constitué de quelques cahutes et peuplé principalement des ouvriers travaillant à la construction des premières maisons, il entreprit d’ouvrir une échoppe. Son sens des affaires lui permit rapidement de suivre l’évolution galopante de la ville et de ses banlieues. Il ouvrit ainsi de nombreuses succursales et se trouva rapidement avec un monopole de la distribution alimentaire sur tout le comté.

Lorsque Ben, son fils prit la relève, il développa encore l’empire Mac Adam en s’implantant sur d’autres marchés comme l’automobile et les stations services et bien d’autres.

Puis vint le tour de Bob, la troisième génération d’homme d’affaires Mac Adam. Lui, profita de l’essor de l’électroménager pour affirmer la suprématie Mac Adam à travers le comté et alla même jusqu’à implanter ses propres usines. Cela faisait maintenant 8 ans que son père lui avait laissé la place et l’empire Mac Adam, n’avait jamais été aussi florissant. Toute personne née ou habitant le comté, avait, allait ou travaillait déjà pour Bob Mac Adam. Et là où le génie des Mac Adam avait été éclatant, c’est que non seulement chacun des salariés était mieux payé que dans la plupart des autres comtés, mais surtout que chacun dépensait au minimum 60 % de son salaire, et ce chaque mois, dans l’une des entreprises Mac Adam. L’empire Mac Adam avait même étendu ses activités au transport aérien. Mac Adam Air Line comptait maintenant pas loin de trente gros porteurs et dix jets privés. Elle était devenue en cinq ans la deuxième compagnie nationale et avait effacé toute concurrence sur les vols privés.

Janet, quant à elle, venait d’une famille de médecins. Depuis quatre générations, chez les Doherty, le premier et unique enfant avait été un garçon qui devint un médecin réputé. Cette tradition, s’était arrêtée à la naissance de Janet, car il n’était pas admis qu’une femme puisse se lancer dans cette profession. Malgré tous les efforts de ses parents pour avoir un fils, Janet était fille unique. Et c’est lorsque son père mourut dans un tragique accident de train, que sa mère et elle vinrent emménager dans le comté.

Quelques semaines après qu’elles s’y furent installées, les Mac Adam, comme chaque année, avait organisé un gigantesque bal pour célébrer l’anniversaire de la ville. Lorsque Janet fit son entrée, habillée d’une magnifique robe à crinoline d’un rouge flamboyant confectionnée par sa mère, Bob n’eut plus d’yeux que pour elle et en tomba fou amoureux. Le coup de foudre fut réciproque, si bien que moins d’un an après son arrivée, elle devenait Madame Mac Adam, et cela faisait maintenant douze ans que les tourtereaux roucoulaient dans leur empire doré.

Ce qui était le plus surprenant chez Janet et Bob, c’est que malgré leur argent, leur pouvoir, la convoitise et la jalousie dont ils faisaient l’objet, ils avaient su rester humbles et simples. Certes, ils vivaient dans un immense manoir, digne des plus beaux palais des mille et une nuits, planté au milieu d’une propriété dont il fallait plusieurs jours pour en faire le tour. Certes, ils avaient une brigade de domestiques à leurs services. Certes, ils avaient une collection de voiture à faire rougir le moindre concessionnaire. Mais malgré cela, ils vivaient simplement sans excès ni étalage de leur argent. Tant et si bien, qu’ils avaient acquis une renommée et étaient très aimés par la population du comté. Leur popularité était telle, que nombreux étaient ceux qui souhaitaient que Bob se présente au poste de gouverneur du comté.

Posté par phoenixdu92 à 13:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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