18 novembre 2009

L'affaire M. - page 1

Janet et Bob, venaient d’entrer dans l’immeuble. Malgré quelques nuages épars, la nuit tombante laissait une bonne visibilité. La lune éclairait les rues de la ville soutenue par quelques réverbères. La chaleur de la journée avait été emprisonnée dans l’asphalte et même la température plus fraîche, de ce début de nuit, n’arrivait à permettre à quiconque de se rafraîchir. Ventilateurs et climatiseurs ronronnaient dans le silence de la ville qui commençait à s’endormir.

Bob était une sorte de grand échalas, sa minceur presque cadavérique, lui conférait un air morbide dans cette luminosité ombragée. Sa superbe chevelure d’antan, avait laissé place à une calvitie galopante, si bien qu’à 35 ans, le dessus de son crâne s’en trouvait fort dégarni. Ses bras fluets dépassaient de sa chemisette dont il avait attaché samedi avec dimanche, et dont l’un des pans de celle-ci baillait hors de son pantalon de jogging enfilé à la hâte.

Janet était une femme d’une somptueuse beauté, mais l’urgence de la situation ne lui avait pas laissé le temps de s’apprêter comme à son habitude. Elle était donc sortie quelque peu décoiffée et sans aucun maquillage pour faire ressortir encore plus sa beauté. Tout comme son mari, elle avait enfilé le premier vêtement qui lui était tombé sous la main, à savoir, une petite robe d’été assez défraîchie aux petits motifs estivaux. L’inquiétude et la peur marquaient tout autant son visage que celui de Bob et l’état de ses yeux ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils avaient été quelques instants plus tôt emplie de larmes et de détresse.

Elle n’avait qu’un an de moins que son mari, mais en général, on lui en donnait bien 5 ou 6 de moins. Ce soir, le couple paraissait avoir près de 50 ans, tellement leurs visages étaient meurtris par l’angoisse.

Après avoir franchi le contrôle de sécurité, ils s’engagèrent dans le grand hall avant de rejoindre l’ascenseur qui allait les emporter vers le troisième étage de cet immeuble de grand standing.

Lorsqu’un « ding » retentit, les portes s’ouvrèrent à l’unisson, mettant à portée de leurs yeux un couloir gigantesque aux couleurs solennelles. Un épais et moelleux tapis rouge sang étouffait les sons provoqués par le choc des talons de Janet sur le parquet en chêne massif qui débordait de chaque coté du tapis et luisait comme un sou neuf.

A peine s’étaient-ils engagés dans cette lugubre coursive, qu’une porte s’ouvrit sur leur gauche. Un homme dans la force de l’âge se tenait au montant laissé libre. Il arborait un sourire de circonstance. Il leur fit un petit signe, les invitant ainsi à pénétrer dans le vestibule.

Il accueillit Janet et Bob Mac Adam avec des formules convenues de politesse teintées d’une pitié qui déclencha chez Janet une effusion de larmes et un léger étourdissement. Les deux hommes se précipitèrent pour la retenir et l’assirent sur un confortable fauteuil où elle pu reprendre ses esprits. A l’instant même, l’assistant de leur hôte fit son apparition un verre d’eau bien fraîche à la main. Toutes les attentions étaient portées sur Janet qui se redressa et réveilla l’assistance avec véhémence en rappelant la gravité de la situation. Elle se leva du fauteuil sur lequel on l’avait installé dans le vestibule, entraînant ainsi le déplacement de tous, vers le bureau dont la porte était restée ouverte.

L’homme qui les avait accueillit avait pour son âge une toison encore bien fournie d’un blanc maculé. Engoncé dans un costume sombre de très belle coupe, il portait une cravate noire, qui ressortait pleinement sur sa chemise blanche. Avec sa taille moyenne et sa silhouette sportive, il avait un certain charme et une prestance qui inspirait un certain respect.

Posté par phoenixdu92 à 13:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur L'affaire M. - page 1

Nouveau commentaire