13 novembre 2009

Monsieur 18h00 - page 27

Raphael fut effondré. Il se mit à haïr Max qui venait de lui faire le pire des coups bas qu’il ne lui avait jamais fait.

Max avait replongé dans son travail, mais Raphael le regardait. Son regard était affuté comme des lames effilées et découpaient Max en tranches fines.

Il l’imaginait dégoulinant du sang de la vengeance, sa vengeance. Il le mutilait et ainsi Max n’avait que ce qu’il méritait.

Raphael n’avait qu’une envie, se lever et mettre son poing au beau milieu de la figure de Max. Max qui savait et ne lui disait rien. Max qui le laissait dans le doute, l’incertitude et la peur.

Jamais il n’avait eu autant de pensées violentes à l’encontre de quelqu’un.

Le côté le plus sombre de sa personnalité était en train de naître et s’il n’arrivait pas à le contrôler c’est Max qui en ferait les frais.

Lorsque Raphael arriva chez lui ce soir là, il n’avait jamais eu l’air aussi abattu. Il croisa son reflet dans le miroir et n’en crut pas ses yeux.

Comment cet homme pouvait avoir sur lui un effet aussi ravageur ?

Etait-il véritablement possible que ce sentiment qu’il éprouvait envers lui, soit de l’amour, de l’amour véritable ?

Etait-il en train de découvrir un sentiment qu’il n’avait jamais ressenti ?

Raphael se regardait dans la glace sans vraiment se voir et des pensées virevoltaient dans sa tête à lui en donner le tournis.

Pourquoi cet homme avait-il tant d’importance pour lui ? Après tout, il pouvait très bien vivre sans lui !

Et pourtant Raphael sentait bien que sa présence lui manquait, lui manquait terriblement en fait.

Les jours se suivirent, le temps avançait inlassablement sans changer de rythme et toujours autant de doutes et de questions assaillaient Raphael, qui bien qu’il eut à plusieurs reprises essayé, n’arrivait pas à comprendre les causes de son mal être.

Raphael voyait poindre le jour fatidique qui arriverait dans les prochaines semaines, de la fin de son stage et cela le minait encore plus, car il perdrait alors toutes chances de revoir cet homme.

Raphael avait plusieurs fois tenté d’obtenir des renseignements auprès de Max, mais celui-ci refusait catégoriquement de lâcher la moindre information.

La dernière semaine du stage de Raphael venait de commencer. Lorsqu’il s’assit à son bureau ce lundi matin là, il constata qu’une enveloppe portant son nom et son prénom avait été posée sur sa table de travail.

Il la regarda en la retournant, elle ne portait aucune autre information que son patronyme.

Il l’ouvrit et en sorti le courrier qu’elle contenait.

Le papier utilisé portait l’entête du journal et lui précisait qu’il était attendu mercredi à 18h00 dans le bureau de la direction pour un entretien de fin de stage et qu’il lui serait rendu son formulaire d’appréciation envoyée par son école à l’intention de son tuteur.

La seule chose qui retint l’attention de Raphael était le fait que ce rendez-vous administratif avait été fixé à 18h00 et justement dans ce bureau, dans lequel il avait appris tant de choses.

Plus les heures avançaient et plus Raphael s’enfonçait dans une détresse infernale, il ne voyait que l’anéantissement de toute chance d’apprendre encore et encore auprès de cet homme dont il n’avait toujours pas su exprimer quels type d’émotions sa présence, et plus précisément son absence, engendrait en lui.

Le mardi matin, Raphael arriva très tôt au bureau, son visage n’avait jamais manifesté un tel teint blafard. Il n’avait pas dormi de la nuit et s’était donc préparé bien avant l’heure habituelle.

Peut-être avait-il besoin de respirer l’ambiance de ce bâtiment qu’il devrait quitter dans quelques jours.

Il appela l’ascenseur d’une pression du doigt. Lorsque les portes s’ouvrirent, il avança machinalement dans la cabine sans lever la tête qui depuis un moment déjà ne regardait que la pointe de ses chaussures sans même les voir.

Un détail le marqua au point qu’il se sentit obligé de lever la tête. Son regard vide avait perçu, les bouts d’une paire de chaussure dans la cabine.

Lorsque son regard lui fit percevoir la personne qui se tenait debout dans l’ascenseur face à lui, ses jambes le lâchèrent, son corps à bout de force et sous-alimenté s’effondra, son esprit l’abandonna et il ne fut plus d’un tas de chair et d’os étalé sur le plancher de la cabine.

Posté par phoenixdu92 à 19:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Monsieur 18h00 - page 27

    Waoo, quel effet il lui fait !

    Posté par cck, 14 novembre 2009 à 01:43 | | Répondre
  • qui te dit que c'est lui ! lol
    attends la suite

    Posté par Maxivirus, 14 novembre 2009 à 13:11 | | Répondre
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