Jeux 2 mots, des maux, des mois, d'émoi, de moi.

24 septembre 2009

Présentation

Vous trouverez ici, mes écrits, mes histoires, mon imagination,

finalisés ou non, en cours ou inachevé.

Et si vous avez envie d'influencer les histoires, jouez du commentaire.

Je suis preneur aussi de vos critiques,

elles ne pourront que me permettre de m'améliorer.

J'écris pour mon plaisir et je serai ravi que me lire vous en donne,

alors exprimez-vous :)

---oooOOO§OOOooo---

Pour le moment 2 "histoires" :


Monsieur 18h00. -> Finalisée.

L'affaire M. -> En stand by.



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Monsieur 18h00 - Introduction

Cette histoire s'écrit au fur et à mesure, et je compte sur vous pour me donner vos impressions, vos suggestions.

Bonne lecture.

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Monsieur 18h00 - page 1

Lorsque Raphael entra dans le bureau accompagné de son maître de stage, il fut surpris de la taille gigantesque de la pièce. La décoration sommaire et quasi inexistante, donnait encore plus de volume à cet espace qui visiblement n’avait pour mission que de servir de lieu de travail. Toutefois, un élément mis en doute sa théorie. Un canapé décoloré par les rayons du soleil qui venaient le frapper en direct, trainait négligemment contre un mur désespérément nu.

Le chef de rédaction était assis à son bureau, le nez dans ses papiers. Concentré sur ce qu’il faisait et en même temps à sa conversation téléphonique. Il fit un signe de main à Max, qui compris aussitôt qu’on l’invitait à s’asseoir et à attendre. Raphael, se sentit quelque peu blessé, par la réaction du grand chef, qui semblait ne pas avoir constaté sa présence.

Raphael était un jeune homme tout fraichement sorti d’une école de journalisme et qui venait d’obtenir un poste de stagiaire, dernière épreuve avant l’obtention de son diplôme. Il avait était accueillit quelques dizaines de minutes plus tôt par Max son maître de stage. Accueil qu’il avait évalué comme professionnel mais sans plus d’humanité, ni de convivialité.

Sans savoir pourquoi, Raphael eut le regard attiré par la chevelure grisonnante du grand chef qui du haut de sa quarantaine pouvait se targuer de ne pas avoir de calvitie naissante. Il y avait comme des ondes qui glissaient sur les cheveux poivre et sel. Le soleil semblait jouer de ses rayons comme un enfant avec une loupe. Plus Raphael regardait cet homme, plus il était parcourue de sensations qu’il ne comprenait pas, car il n’avait jamais ressentie pareille chose. Il le détailla du regard et profita d’un moment où celui-ci se leva, pour découvrir le reste de son physique jusqu’alors caché par le bureau massif derrière lequel il était assis.

L’homme faisait les cent pas et semblait avoir besoin de cet exercice pour mener à bien la négociation engagée au téléphone. Max semblait perdre patience, car cela faisait déjà plus de dix minutes qu’il avait posé son séant sur le fauteuil qu’il occupait. Raphael, lui ne voyait pas le temps défiler. Il se sentait à son aise, et se surpris même à constater qu’il souriait.

La conversation dura encore un long moment, pendant lequel Raphael en profita pour regarder cet homme imposant au costume bien taillé. Il ne comprenait pas pourquoi, mais il lui trouvait un certain charme.

Le combiné sans fil émit un bip qui indiqua aux deux visiteurs qu’ils allaient pouvoir enfin obtenir ce qu’ils étaient venus chercher.

Après, une formule d’excuse et de salutation combinée, le grand chef qui regardait Max droit dans les yeux lui laissa la parole.

C’est lorsque Max, présenta Raphael, son nouveau stagiaire, que le grand chef s’aperçu enfin de sa présence. Il le salua poliment et remis Max dans la visée de son regard. Raphael constata alors que cet homme qu’il avait regardé pendant un long moment avait les yeux bleus et un regard sui le fit frissonner. Une conversation s’engagea entre Max et son supérieur, mais Raphael n’en écoutait rien. Il se demandait intérieurement pourquoi lorsque le grand chef l’avait fixement regardé, il avait ressenti soudain une onde choc, une amplification incroyable de la sensation qu’il ressentait depuis que son regard s’était posé sur cet homme.

Bien que pris dans ses pensées, Raphael, constata, non sans en ressentir une certaine fierté, que le grand chef, même s’il continuait à palabrer avec Max, ne pouvait s’empêcher de détourner très régulièrement son regard de Max pour le regarder lui et chaque fois, le grand chef lui adressait un sourire. Raphael se sentait bien. Il était envahi de sensations nouvelles mais agréables. Il se mit alors à écouter la conversation.

C’est à se moment précis, que Max se leva. Raphael qui regardait toujours le grand chef, sentit son regard comme le caresser quand il lui dit de sa voix douce : « Et si nous prenions quelques minutes pour faire connaissance ? ».

Le grand chef invita Raphael à s’asseoir sur le canapé et lui demanda s’il préférait son café avec ou sans sucre. Raphael vit le grand chef se diriger vers une console sur laquelle trônait une cafetière au contenu encore fumant et fut étonné de constater que cet homme tout en haut de la hiérarchie, n’était absolument pas gêné de le servir lui, qui venait juste d’être recruté.

Une conversation aimable s’engagea qui donna l’occasion à Raphael de retracer son parcours. L’homme l’écoutait attentivement et s’émerveillait de ce parcours exemplaire. Il ne pouvait s’empêcher de voir et en ce jeune homme, un très beau potentiel professionnel et lui prédit une belle carrière sans aucun doute.

Raphael, se sentait très à l’aise. Lui, qui d’ordinaire était plutôt timide et réservé, se sentait comme pousser des ailes. C’était la première fois de sa vie, qu’il se sentait aussi à sa place face à un inconnu, dans un lieu nouveau pour lui, alors qu’il savait qu’il lui faudrait faire ses preuves.

L’entretien dura plus d’une heure et l’homme y mit un terme avec beaucoup de gentillesse après avoir fait quelques recommandations bienveillantes à Raphael. Raphael avait maintenant un planning chargé puisqu’il devait chaque fin d’après-midi, revenir dans ce bureau pour faire un point de l’avancement de son travail. Il devait maintenant retrouver Max et prendre auprès de lui les instructions nécessaires à la réalisation du travail qu’il devait effectuer et dont la teneur lui en serait révélée par Max.

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26 septembre 2009

Monsieur 18h00 - page 2

Raphael sortit du bureau, non sans avoir au préalable remercié le grand chef pour son accueil et lui avoir confirmé qu’il serait là le soir même à dix-huit heures. Il referma la porte et avança dans le couloir pour rejoindre le bureau qu’il allait partager avec Max pendant toute la durée de son stage.

Lorsqu’il entra dans le bureau, il eut l’impression d’être agressé par Max qui après avoir refermé la porte l’affubla d’un « Alors ? ».

Raphael raconta l’entretien à Max, qui n’en perdait pas une miette. Au fur et à mesure, que Raphael avançait dans son récit, le visage de Max laissait apparaitre une déconfiture croissante. Raphael ne savait comment interpréter la modification du faciès de son interlocuteur. Il finit son récit. Max, après un silence quelque peu gênant pour Raphael, apporta une réponse à Raphael quant à la raison de ces changements d’expressions.

- « Ben mon vieux ! Tu lui as fait une sacrée impression !  Aucun stagiaire n’a eut droit à un entretien si long ! Et tu es bien le premier à qui il propose un point journalier ! »

Raphael compris en une fraction de seconde, que le visage de Max ne faisait que refléter rien d’autre que la jalousie qui commençait à naitre en lui. Il put tout au long de la journée constater que sa théorie était bonne, car Max avait véritablement modifié son attitude vis-à-vis de lui. Tant et si bien, qu’il n’osa même pas poser une question qui lui brulait les lèvres depuis qu’il était sorti du bureau du grand chef. Il ne savait ni le nom, ni le prénom du grand chef et n’avait d’autre choix pour le moment que de l’appeler Monsieur.

Max était à peine aimable, mais avait tout de même donné à Raphael, non sans avoir placé quelques réflexions désobligeantes à l’intention de Raphael chaque fois qu’il le lui était possible, le sujet qu’il aurait à traiter. Le journal allait dans six mois sortir un numéro spécial, pour fêter son cinquantième anniversaire, dans lequel une comparaison entre l’époque d’aujourd’hui et celle de la création devait être comparées afin de mettre en exergue l’évolution de la société.

Max était chargé de la thématique cinéma, et avait donc chargé Raphael de retracer tout ce que le journal avait publié sur ce sujet. Il avait avec agressivité insisté pour que Raphael lui dresse une liste de tous les articles parus depuis la création du journal, et cela devait lui être remis le soir même.

Raphael se plongea donc dans les bases de données, et n’hésita pas à faire plusieurs allers et retours pour consulter certains numéros entreposés aux archives. Vers 17h30, il se présenta devant Max avec son travail qu’il avait présenté sous la forme d’un tableau qui listait tous les articles sur le sujet et précisait numéro et date de parution, titre de l’article et sujet traité, etc. Comme à son habitude Raphael avait réalisé son travail très consciencieusement et le résultat était proche de la perfection.

Max lui pris le dossier et commença à regarder de près. Raphael, voyait la jalousie de Max qui commençait à prendre le dessus. Les expressions de son visage le trahissaient. Raphael compris que le cerveau de Max était en ébullition et que celui-ci cherchait la faille, l’erreur, la bêtise, ou n’importe quoi qui pourrait être prétexte à lui valoir une remontrance bien trempée. Raphael commençait à s’inquiéter car le visage de Max montrait son envie de lui sauter dessus, mais rien ne se passait. Max continuait à avancer dans la lecture du dossier.

Raphael, ne put s’empêcher de regarder sa montre, cela faisait 15 minutes que Max avait le nez plongé dans le dossier et que lui était là debout en face de lui à attendre. Raphael qui n’avait pas oublié le rendez-vous fixé à 18h avec le grand patron, se demandait quand Max allait enfin lâcher ses foudres sur lui afin qu’il puisse se rendre de nouveau dans le grand bureau de l’homme qui le fascinait. Raphael en était arrivé à cette conclusion, les sensations qu’il avait ressentit devait être de la fascination pour cet homme.

Max que la jalousie avait rongé toute la journée, remarqua le regard discret de Raphael sur sa montre. Ni une, ni deux, l’idée géniale lui vint enfin à l’esprit. Et c’est un grand sourire qui vint se mettre en place sur son visage. Raphael, pensa lorsqu’il vit le sourire sur le visage de Max, ca y est, il a trouvé comment m’incendier. Il se prépara à prendre le revers sévère qu’il appréhendait. Mais rien ne vint. Max continuait à lire. Concentré. Sans adresser un regard à Raphael.

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Monsieur 18h00 - page 3

La montre de Raphael indiqua 17h55. Raphael que la situation avait sortit de sa plénitude acquise le matin même dans le bureau du grand chef, ne savait comment se dépêtrer de cette situation. Il lui fallut prendre tout son courage à deux mains pour ouvrir la bouche et commencer une phrase dont le but était de se libérer de Max pour aller à son rendez-vous.

Max qui le surveillait discrètement du coin de l’œil, ne perdait pas de vue la grande horloge qui brillait sur le mur derrière Raphael. Raphael eut à peine le temps de prononcer un son, qu’il fut arrêté dans son élan par Max qui lui précisa d’attendre qu’il ait finit la lecture de ce dossier. Tous les espoirs de Max s’effondrèrent d’un seul coup. Son visage affichait sa défaite et celui de Max le triomphe.

C’est vers 18h15 que Max lui rendit le dossier accompagné d’un « Bon travail ! » avec un sourire de vainqueur. Puis, Max le congédia par un « Bonne soirée ! A demain ! ».

Raphael, ramassa alors ces affaires, pris son dossier sous le bras et fonça à toute allure vers le bureau du grand chef.

Il tremblait de tous ses membres lorsqu’il frappa à la porte. L’attente d’une réponse lui parut interminable. Puis enfin, vint la délivrance, « Entrez ! ».

Raphael ouvrit la porte et se présenta dans l’encadrement.

L’homme assis derrière son bureau, se leva et lui adressa un regard, qui glaça d’effroi Raphael.

« Sachez Jeune homme ! Qu’avant l’heure ce n’est pas l’heure et qu’après l’heure, ce n’est plus l’heure ! La ponctualité, Jeune homme ! Vous pouvez retourner à vos activités ! Vous m’avez déçu ! ».

Raphael tourna les talons et sortit du bureau sans oser dire un mot. Il était courbé comme si toute la misère du monde lui pesait sur les épaules. Il s’était attendu à prendre de face la jalousie de Max, mais n’avait pas imaginé que cela arriverait par le grand chef lui-même. Comment allait-il faire pour faire oublier cela à cet homme qu’il admirait sans même savoir pourquoi ?


Lorsqu’il arriva chez lui Raphael s’effondra sur son lit. Il était là, les yeux fixant le plafond, la tête explosant de milles réflexions. Comment lui, qui jusqu’à ce jour avait toujours réalisé tout se qu’il entreprenait avec sérieux et brio, avait-il pu subir un si cuisant échec ? Jamais de sa vie, il n’avait eu à subir telle épreuve.

Son esprit vagabondait dans tous les souvenirs de la journée. Il commença alors à remettre en cause toute sa vie. N’avait-il rien appris jusqu’à maintenant ? Il conclut avec stupeur qu’il n’était pas encore près à affronter les affres de la vie, lui qui depuis tant d’années, se préparait à cela.

Il fut soudain parcouru d’un frisson de terreur. Il venait de réaliser que bien qu’il eut tout fait pour obtenir ce stage, qu’il s’agisse d’être plus brillant que les autres candidats lors des nombreux entretiens ou de sa préparation qui l’avait amenée à faire de nombreuses recherches, il avait oublié de se renseigner sur l’identité du grand chef. Cela était pourtant une évidence, mais, non, il n’y avait même pas pensé. Il se décevait lui-même, peut-être même plus qu’il n’avait déçu le grand chef se dit-il intérieurement.

Ses réflexions étaient intenses et nombreuses, tant et si bien qu’il ne dina pas et qu’il finit par s’endormir épuisé à une heure avancée de la nuit.

Lorsque le réveil sonna, et bien que son état pouvait être qualifié de « pas très frais », il se leva d’un bond, bien décidé à ne pas arrivé en retard au bureau. Il avait beau essayer de se motiver, il ne voyait décidément pas comment il allait faire pour retrouver les bonnes grâces du grand chef. Il ne savait ni comment, ni pourquoi, il fallait qu’il y arrive, mais ce dont il était persuadé c’est qu’il fallait qu’il réussisse.

Lorsqu’il entra dans le bureau, il semblait toujours porter un fardeau trop lourd pour lui, ce qui ne fut pas pour déplaire à Max qui lui au contraire arborait un sourire radieux et triomphant. Max était si fier de sa réussite qu’il était redevenu charmant et aimable, comme lorsque Raphael était arrivé la veille au matin.

Il chargea Raphael de nouvelles tâches dont il s’acquitta consciencieusement. Max ne fut pas avare de compliment sur le travail réalisé. Au moins, se disait Raphael, il n’avait pas à affronter les fureurs de Max en plus de son fardeau. Vers 17h25, Max l’informa qu’il partait en réunion et qu’il ne le reverrait que le lendemain matin, il eut même la gentillesse de proposer à Raphael de rentrer chez lui dès qu’il aurait fini le dernier travail confié. Raphael le remercia et ne le regarda même pas sortir du bureau tant il voulait finir avec minutie le rapport sur lequel il travaillait.

Seul dans le bureau, il était concentré, mais il entendit soudain quelque chose qui le perturba. Il se força à mettre le point final à son travail avant de s’intéresser à ce bruit régulier qui lui martelait doucement les tympans. Il ferma son dossier et regarda autour de lui pour identifier la source de ce désagrément.

Lorsqu’il posa les yeux sur la source de ce tapage, il sentit un frisson lui parcourir l’échine et une goutte de sueur glaciale descendre doucement le long de sa colonne lui infligeant une brulure d’une douleur insupportable. Il regardait fixement la pendule flanquée au-dessus de la porte et le silence était couvert par le tic tac incessant de l’engin.

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27 septembre 2009

Monsieur 18h00 - page 4

Il se rendit compte alors qu’elle affichait 17h50. Il fut pris de panique. Une question qu’il ne s’était pas posé, lui vint à l’esprit. Dois-je retourner voir le grand chef ou sa cinglante réplique d’hier était-elle une fin de non recevoir définitive ? Il n’avait que quelques minutes pour trouver LA réponse à cette question. Tout se jouait peut-être sur cette question.

Il décida qu’il fallait y aller, au mieux c’est ce que le grand chef attendait au pire, il lui mettrait les points sur les « i », mais ca ne pourrait pas être pire que la veille puisqu’au moins maintenant il s’y attendait même s’il ne le souhaitait pas.

A 18h00 précise, Raphael frappa à la porte du grand chef et immédiatement celle-ci s’ouvrit.

Il était là, debout devant lui, arborant un sourire jovial. « Bonjour jeune homme. Entrez et asseyez-vous ! », le grand chef lui désignait un fauteuil placé devant le massif bureau et positionné juste en face du fauteuil dans lequel Raphael avait vu le propriétaire des lieux au travail.

« Bonjour ! Monsieur ! »

Raphael n’avait su quoi dire d’autre. Il s’assit. Il avait les différents travaux réalisés avec lui, mais ne savait quoi faire, alors il attendit que l’homme ouvre la discussion.

Après avoir refermé la porte du bureau, l’homme se dirigea vers sa table de travail, passa derrière son fauteuil, et resta quelques minutes planté là, silencieux, tournant le dos à Raphael et scrutant l’horizon par la fenêtre qui offrait le spectacle d’un soleil couchant teinté de rose et d’orange.

Raphael entendit une profonde inspiration et vit que l’homme se retournait et s’asseyait sur son fauteuil. Autant la veille au matin, il s’était senti à l’aise assis sur le canapé, autant là, face à cet homme, il ne se sentait pas à sa place.

« Jeune homme, ce soir vous m’avez agréablement surpris, je ne m’attendais pas à vous revoir ! »

Raphael essayait de comprendre ce qui lui arrivait, il ne fallait pas qu’il manque un seul mot de ce que lui disait le grand chef, il sentait que quelque chose d’important allait se passer mais il ne savait pas quoi.

L’homme regardait Raphael avec un grand sourire. Il essayait probablement de sonder ce jeune homme.

« Bien ! Bien ! Je vous ai donné 2 leçons, Jeune homme ! Lesquelles ? »

« Euuuuh ! » Raphael était un peu désemparé. Il fallait que son cerveau carbure, il fallait répondre et répondre juste. Son interlocuteur qui ne l’avait pas quitté des yeux, perçu son désarroi et avant que Raphael ne fut complètement pris de panique, il lui dit :

« Prenez votre temps pour répondre, il vous faut réfléchir ! Ne vous inquiétez pas !».

La voix douce du grand chef eut l’effet escompté et la pression retomba. Raphael, moins à l’aise que lors de l’entretien sur le canapé, se sentit de nouveau en pleine possession de ses moyens et pu réfléchir dans des conditions correctes.

L’homme le regardait, d’un regard attendrit. Raphael le perçut et ne lui en fut que plus redevable d’essayer de le mettre plus à l’aise.

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01 octobre 2009

Monsieur 18h00 - page 5

Après un court moment de silence, Raphael se décida à proposer une réponse.

« Vous m’avez appris qu’il faut être à l’heure. Monsieur ! »

« C’est un bon début ! Mais là n’est pas la véritable leçon, poursuivez votre réflexion ».

Une discussion s’engagea entre eux. Le ton en était sérieux mais non officiel. Et petit à petit, le contenu de la leçon se fit une évidence pour Raphael.

« Alors Jeune homme, vous savez qu’un journaliste se doit d’être concis ! Alors comment résumeriez-vous cette première leçon ? ».

« Il faut respecter les autres et la ponctualité en est une démonstration, Monsieur ! ».

Le visage de l’homme s’illumina comme s’il avait un projecteur braqué en pleine figure. Raphael en voyant la satisfaction qu’affichait son interlocuteur, se sentit revivre. Il fut envahi d’une vague de sensations qui submergeait sa fierté.

Raphael ne se sentit plus de joie et son esprit se mit à vagabonder. Il avait marqué un point et était heureux d’avancer vers son objectif.

« Jeune homme ! » fut-il rappelé à l’ordre gentiment mais fermement.

« Passons maintenant à la deuxième leçon ! »

Raphael, n’avait absolument aucune idée. A part le fait de s’être fait envoyer sur les roses la veille, il ne voyait pas en quoi il avait recevoir une deuxième leçon.

« Je vous sens quelque peu perdu ! » lança de sa voix douce le grand chef.

« Je vais vous aider ! Souvenez-vous de ce que je vous ai dit lorsque vous êtes apparu ce soir sur le pas de ma porte ».

La mémoire de Raphael se mit immédiatement au travail. Il se rappelait mot pour mot de ce que le grand chef lui avait dit, mais il n’y voyait aucune leçon.

Repensant à la façon dont s’était déroulé le bilan sur la première leçon, il se dit qu’en lançant une idée, une nouvelle discussion lui permettrait d’arriver à comprendre où l’homme voulait en venir.

« Je vous ai fait plaisir en revenant ce soir, Monsieur ! ».

L’homme éclata de rire, mais d’un rire sympathique qui n’eut pas pour effet de mettre Raphael mal à l’aise. Malgré son sourire, probablement lié au rire communicatif du grand chef, son visage trahissait quelques inquiétudes quant à sa capacité à prouver à cet homme qu’il pouvait être capable de lui restituer la deuxième leçon.

L’homme le rassura et une nouvelle discussion s’engagea, permettant à Raphael de monter pièce par pièce son raisonnement.

Avant même que le grand chef ait pu demander une synthèse, Raphael annonça fièrement.

« Un bon journaliste se doit d’être persévérant ! ».

« Parfait ! Jeune homme ! Ca sera tout pour ce soir ! A demain ».

Ceci mit fin à l’entretien. Raphael était un peu déçu car il commençait tout juste à se sentir très à l’aise. En plus, il voulait tellement arriver à ses fins qu’il y aurait bien passé la nuit.

Mais il dut se résigné. Il se leva se dirigea vers la porte et l’ouvrit.

Il se retourna et lança avec un grand sourire « Bonsoir, Monsieur ! A demain ! ».

L’homme ne se retourna même pas vers lui. Une fois qu’il avait mis fin à l’entretien, il s’était directement replongé dans ses dossiers avec une telle concentration, que Raphael se demanda s’il eut remarqué sa présence, s’il n’était pas sorti du bureau.

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02 octobre 2009

Monsieur 18h00 - page 6

Raphael rentra chez lui et après un bon diner, il se mit au lit de bonne heure dans l’espoir de rattraper les quelques heures de sommeil qu’il avait manqué la veille.

Après une bonne nuit de sommeil, Raphael entendit le réveil et se prépara à aller au travail. Il était de bonne humeur et n’attendait qu’une chose, l’entretien du soir. Il allait devoir passer la journée avec Max, ce qui ne l’enchantait guère mais au moins, à 18h00, il retrouvait cet homme dont il ne connaissait toujours pas le nom et allait encore assouvir sa soif d’apprendre.

Pendant tout le trajet dans les transports en commun qui le menait vers les locaux du journal, il se demandait comment il allait faire pour ne pas réveiller la jalousie de Max et surtout comment il allait pouvoir s’échapper pour être à l’heure à son rendez-vous.

Pour apaiser les fureurs de Max, il se dit que le meilleur moyen, serait surement de paraitre toujours affublé d’un lourd fardeau, résultat de sa couardise et qu’ainsi il garderait son sourire triomphant en lui foutant une paix royale. Cette théorie s’avéra payante. Max ne s’aperçu nullement que ses manœuvres avaient échouées et que son petit stagiaire, gagnait chaque jour un peu plus les bonnes grâces du grand chef. Il était si fier d’avoir cassé ce petit jeunot à l’ambition puante, qu’il lui facilita même la tâche pour être à l’heure à ses rendez-vous du soir, en le laissant partir dès que le travail était fini.

La semaine se déroula ainsi sans encombre et Raphael était heureux. Il travaillait chaque jour et s’appliquait à satisfaire Max qui ne tarissait pas d’éloges à son sujet auprès de ses confrères, mettant en avant la perspicacité dont il avait fait preuve en le sélectionnant, et de la pédagogie exceptionnelle dont il pouvait se vanter vu la qualité du travail produit par son stagiaire.

Chaque soir, Raphael lui disait bonsoir et partait suffisamment tôt pour qu’à 18h00 pétantes, sa main se trouva à toquer à la porte du grand patron.

Chaque soir, il pouvait ainsi boire les paroles de cet homme qui lui enseignait tout autant de chose sur la profession, la déontologie, que simplement la vie.

Quant arriva le vendredi et que l’entretien s’acheva, Raphael réalisa qu’il n’allait pas pouvoir profiter des enseignements de cet homme pendant le week end et en fut tout bouleversé. Le samedi et le dimanche lui parurent interminable, tant il voulait se retrouvé de nouveau face à lui. Cet homme, qui somme toute avait une allure très commune, mais qui lui forçait une admiration qu’il ne comprenait pas, mais qui lui apportait une énorme satisfaction. Il venait d’entrer dans la vie, et ressentait des sensations nouvelles qui lui donnait force et courage pour réaliser les tâches qu’il avait à faire.

Le lundi matin il reprit son attitude face à Max qui continuait de se glorifier de son management exemplaire. La semaine se poursuivit et chaque soir, Raphael découvrait de nouvelles leçons ce qui le mettait en joie.

Lorsqu’il annonça sa présence en frappant à la porte le vendredi suivant, l’homme comme à l’accoutumé était juste derrière et lui ouvrit immédiatement. Lorsqu’il le vit Raphael, eut l’impression qu’il avait quelque chose de changé, mais il n’arrivait pas à identifier quoi.

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Monsieur 18h00 - page 7

Le grand chef, lui annonça que la séance serait un peu plus courte, car il devait se rendre à une cérémonie officielle, ce qui ne l’amusait pas, car il n’aimait pas ces pinces fesses, mais de par ses fonctions, il y en avait certaines auxquelles il ne pouvait échapper.

« J’espère que cela ne vous gêne pas si je me change en même temps que nous parlons ? ».

« Euh ! Non ! Non ! ».

Il venait de dire un énorme mensonge, mais il s’était dit que le grand chef se serait surement trouvé mal à l’aise s’il avait répondu qu’en fait cela le gênait.

La conversation s’engagea entre eux. Raphael avait le regard fuyant et cherchait à éviter, par tous les moyens, de regarder l’homme, qui ne le regardait pas lui-même, mais qui était occupé à fouiller dans une commode pour y trouver une chemise et une cravate à son goût. Raphael qui n’avait jusqu’alors pas perçu la présence de ce meuble, s’aperçu qu’elle était surmonté d’un miroir.

L’homme posa une chemise propre et une cravate sur la commode et commença à déboutonner la chemise qu’il portait. C’est à cet instant précis que Raphael compris que ce qu’il avait perçu à son arrivé, n’était autre que l’absence autour du cou du grand chef d’une cravate.

Raphael, ne voulait pas regarder l’homme se déshabiller et baissa les yeux, mais il se surprit à avoir une irrésistible envie de jeter un œil. Il voulait être discret et cherchait un moyen de voir sans être vu. C’était bien la première fois de sa vie, qu’une telle curiosité s’emparait de lui.

Son regard fuyait et par un miraculeux jeu du hasard, il se rendit compte que la vitre de la fenêtre reflétait ce que le miroir montrait. Il se mit alors, à regarder cet homme. Lorsque la chemise s’ouvrit, il vit son torse. Une sensation, comme un éclair le foudroyant lui traversa les tripes. Il se mit à imaginer ses doigts à lui, jouant à glisser entre les poils du torse de cet homme, qui a sa grande surprise n’étant pas gris comme ses cheveux, mais bruns foncés. Il avait une furieuse envie de se lever et de caresser ce torse, ce ventre rond. Il s’imaginait la douce sensation du frottement de ces poils contre la paume de sa main. Jamais de sa vie, il n’avait eu pareilles sensations.

L’homme avait changé de chemise et reboutonnait la chemise propre, laissant échapper au regard de Raphael, ce spectacle qui lui avait procuré tant de sensations. Mais malgré cela son esprit vagabondait toujours imaginant le sourire que cet homme lui donnerait en échange des caresses qu’il lui prodiguait.

Raphael ne s’aperçut pas que l’homme avait complètement refermé sa chemise et qu’il en était à la confection d’un nœud avec sa cravate.

« Pourriez-vous m’aidez, s’il vous plait jeune homme ? Pour mettre bien droit mon nœud de cravate ! »

Loin d’imaginé qu’une telle occasion lui serait donné Raphael se leva d’un bond et s’approcha du grand chef. Il se trouve d’un coup fort mal à l’aise. Il venait de s’apercevoir que ses vagabondages aux pays des sens, lui avaient provoqué une érection.

Et le grand chef, avait surement constaté la même chose, puisque dans la précipitation pour se lever et l’aider, son sexe en érection était entré en contact direct avec la cuisse de l’homme dont il tenait entre ses mains le nœud de cravate.

Raphael piquait un fard. L’homme le regarda et lui souri.

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04 octobre 2009

Monsieur 18h00 - page 8

« Merci beaucoup Raphael ! Il est tard, il faut que j’y aille ! Bon week-end ! N’oubliez pas de fermer la porte derrière vous ! »

Raphael regarda l’homme s’éloigner, passer le pas de la porte et disparaitre au détour du couloir. Son regard se porta ensuite sur son entrejambe. Il constata que son sexe toujours en érection avait traversé ce moment de gêne intense sans pour autant battre en retraite.

Il n’arrivait pas à calmer son érection et décida d’utiliser son manteau qu’il plaça judicieusement sur son bras en faisant attention de le maintenir devant lui pour masquer la bosse sur son pantalon qui ne laissait aucun doute quand à ce qui se passait dessous.

Il rentra chez lui, craignant à tout instant que quelqu’un ne remarque quelque chose. Mais il fut assez habile pour arriver chez lui sans éveiller aucun soupçon.

Il s’enferma dans sa chambre. Il enleva son pantalon qui n’avait de cesse de compresser son sexe et de l’empêcher de prendre la position qu’il avait décidé d’arborer et qui depuis le temps, commençait à lui provoquer une petite douleur. Il dut même se résigner à enlever son slip qui lui aussi représentait une contrainte pour l’appendice en mal d’air frais.

Il se regarda dans

la glace. Il

se vit là, debout, le sexe dressé et décidé à lui tenir tête.

Pour la première fois de sa vie, son corps semblait vouloir lui passer un message et il ne comprenait pas.

Il se regarda pendant longtemps, essayant par la seule force de sa volonté de faire plier l’étendard fièrement dressé, mais rien n’y faisait. Il lui fallait sortir de cette situation, et la seule alternative qui lui vint à l’esprit fut d’entreprendre une séance de masturbation.

Il s’allongea sur son lit, ferma les yeux et son esprit se remit à vagabonder. Il se retrouva, nu comme un ver, couché à côté du grand patron, nu lui aussi, Raphael caressait les poils du torse du grand patron, et sentait les larges mains de celui-ci caresser son torse à lui. Il leva sa tête et l’approcha de celle de cet homme qui lui procurait des sensations si belles, si fortes, si nouvelles. Il approcha ses lèvres des siennes, il allait embrasser cet homme dans un langoureux et fougueux baiser, cet homme dont il ne connaissait toujours pas le nom.

Il ouvrit les yeux d’un coup. L’intensité de ses pensées avait déclenché la réaction attendue, il lui fallait maintenant se laver les mains et quelque peu nettoyer son ventre et son torse témoins de la violence de l’orgasme qu’il venait de ressentir. Jamais, il n’avait perçu tant de plaisir.

Mais il ne pouvait se résigner à se lever pour pratiquer un nettoyage des preuves du plaisir intense qui venait de le transpercer.

Il resta allongé, rêveur, cherchant à profiter du bien être qu’il ressentait après l’intensité de ce moment.

Il se sentait si bien, si détendu. Une plénitude l’envahie. Il était nu, seul sur son lit, les yeux fermés, le cœur empli d’un bonheur intense. Il était heureux. Il s’endormit.

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